Une discipline vivante pour sonder le passé : méthodes spécifiques et techniques de pointe en archéologie [el]

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Fondée sur l’étude du passé, l’archéologie n’en est pas moins une discipline ancrée au cœur de l’innovation, constamment renouvelée grâce à l’introduction régulière de nouvelles technologies.

L’apport constant de nouveaux outils

La seconde moitié du XXème siècle a été riche d’avancées importantes pour la recherche archéologique, comme par exemple la mise au point de la datation au carbone 14 au début des années 1960, qui demeure sans doute l’élément le plus emblématique. Les innovations se sont ensuite poursuivies sans discontinuer pour enrichir le panel méthodologique à disposition des chercheurs.

A partir des années 60, l’influence anglo-saxonne a contribué au développement d’un courant épistémologique, la "nouvelle archéologie", qui a provoqué un renouvellement important des méthodes. L’archéométrie – méthode d’étude physico-chimique appliquée à l’archéologie visant en particulier la datation – et ses nombreuses branches se sont développées dans ce sillage.

Si ces méthodes constituent encore aujourd’hui des bases importantes de la recherche en archéologie, les innovations se sont prolongées, cette diversification offrant sans cesse des possibilités nouvelles pour résoudre certaines énigmes historiques. L’archéologie n’a pas échappé à l’ère du numérique qui a décuplé les potentialités d’analyse. Entre bien d’autres avancées, la photogrammétrie permet de restituer en 3D des objets, vestiges et sites archéologiques parfois difficilement visualisables, le LiDaR (télédétection par laser) de voir à travers la jungle, les outils cartographiques d’avoir des approches spatialisées des fouilles.

Interdisciplinarité et nouvelles technologies : les moteurs de l’archéologie du XXIe siècle

Aujourd’hui, l’archéologie repose fondamentalement sur une démarche pluridisciplinaire qui permet de comprendre l’homme et les sociétés anciennes de façon globale. Elle se situe à la croisée des sciences humaines (anthropologie, histoire, histoire de l’art, épigraphie, etc.) et des sciences exactes. En effet, l’apport des sciences du vivant (archéozoologie, archéobotanique, etc.) et des technosciences se combine aux approches culturelles et permet aux chercheurs de reconstituer les environnements dans lesquels évoluaient les sociétés anciennes. Les dernières avancées liées au numérique permettent par exemple quant à elles de développer de nouvelles représentations des territoires.

Cette diversité de ressources disciplinaires et méthodologiques se retrouve à l’échelle de chaque mission. Ainsi, pour comprendre la fonction et l’organisation des nombreux complexes archéologiques du bassin de l’Upano en Amazonie, l’équipe du programme "Eden" (Équateur) s’appuie sur une complémentarité entre un survol aérien et une prospection LiDaR pour la localisation de tous les sites, d’une part, et les étapes plus traditionnelles des prélèvements géologiques sur le terrain d’autre part. L’analyse et l’interprétation des données sont basées sur un croisement entre les approches de l’ethnologie et de l’anthropologie, de la céramologie, de l’archéobotanique et même de la vulcanologie.

La communauté scientifique française prend ainsi une part très active dans le développement de cette complémentarité méthodologique. Le pari de l’innovation est sans cesse reconduit grâce au dynamisme des laboratoires de recherche et des équipes sur le terrain. Le travail du laboratoire IPANEMA (CNRS) est un exemple de cette synergie. Il a permis très récemment d’élucider la méthode de fabrication de la plus vieille amulette du monde, retrouvée au Pakistan . La France excelle tout particulièrement dans certaines spécialités qui constituent par conséquent de véritables champs d’expertise, telles que l’archéologie sous-marine ou l’archéologie préventive (qui vise à la préservation de sites menacés par les travaux d’aménagement).

Vidéo - Le mystère de la plus vieille amulette du monde, retrouvée au Pakistan

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dernière modification le 11/01/2017

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