Supplément du quotidien Makedonia consacré au front d’Orient [el]

Première guerre mondiale : la présence militaire française à Thessalonique

Le Front d’Orient et l’engagement militaire français dans les Dardanelles puis en Macédoine sont des épisodes méconnus de l’histoire de la Première guerre mondiale en France. Après la guerre, cette mémoire fut peu entretenue, en partie à cause de la célèbre formule de Georges Clémenceau, chef du gouvernement et ministre de la guerre, qui avait qualifié les soldats de l’Armée d’Orient de "jardiniers de Salonique".

Cette armée – près de 300 000 soldats débarquèrent à Thessalonique entre 1915 et 1918 – comptait dans ses rangs des "jardiniers" et, heureusement, puisqu’il fallait bien nourrir toute cette troupe dans une région dont le potentiel agricole n’était pas encore intégralement exploité. L’armée française avait également amené avec elle des spécialistes : ingénieurs, agronomes, géologues, archéologues, etc. dont l’action contribua à modifier profondément le visage de Thessalonique et de la Macédoine.

L’armée française n’a bien évidemment pas construit des routes, des voies ferrées et des ponts, asséché des marais, mis en culture de nouvelles terres, introduit de nouvelles méthodes agricoles ou lutté contre le paludisme par pure philanthropie. Il s’agissait avant tout de nécessités militaires. Il n’en reste pas moins que tout ce travail accompli l’a été également au bénéfice de la population et du développement économique postérieur de la Macédoine.

Le visage de la Thessalonique d’aujourd’hui est largement marqué par la vision d’Ernest Hébrard, urbaniste français chargé de la planification de la reconstruction de la ville après le gigantesque incendie de 1917.

Le souvenir de ces 300 000 soldats français, dont plus de 60 000 ont trouvé la mort sur le Front d’Orient, est également spectaculairement incarné par la nécropole de Zeïtenlick où reposent aujourd’hui plus de 8 000 soldats français. Dans la mémoire de tous ceux qui rentrèrent en France après la guerre en Macédoine, Thessalonique resta à jamais gravée.

dernière modification le 26/05/2016

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