Sommet de l’ONU pour les réfugiés et les migrants [el]

Lundi 19 septembre 2016 le premier "Sommet des Nations Unies pour les Réfugiés et les Migrants" s’est tenu au Siège de l’Organisation des Nations Unies à New York en marge des travaux de la 71ème Assemblée générale.

#UN4RefugeesMigrants

JPEG

Cette réunion de haut niveau des chefs d’État et de gouvernement, organisé par le président de l’assemblée générale des Nations unies, M. Peter Thomson, sur les déplacements massifs des réfugiés et des migrants, a pour objectif de fédérer les pays autour d’une approche plus humaine et mieux coordonnée.

L’ONU s’engage à protéger les droits des réfugiés et migrants

Réunis en sommet des dizaines de dirigeants du monde, en présence du ministre français des Affaires étrangères, M. Jean-Marc Ayrault, ont adopté lundi une déclaration dans laquelle ils s’engagent à protéger les droits des réfugiés et des migrants, à sauver des vies et à partager la responsabilité du soutien et de l’accueil de ces réfugiés et migrants qui sont aujourd’hui plus de 65 millions de personnes à travers le monde.

JPEG - 188 ko
Jean-Marc Ayrault, ministre des Affaires étrangères et du Développement international (Sommet pour les réfugiés et les migrants - ONU) Cliquez pour agrandir
MAEDI

A l’issue du sommet Jean-Marc Ayrault, ministre des Affaires étrangères et du Développement international, a tenu une conférence de presse  :


1/ La première priorité, c’est la Syrie.
2/ J’en viens à notre deuxième priorité à l’occasion de cette Assemblée générale. Je voudrais évoquer maintenant l’initiative française pour le processus de paix au Proche Orient et les suites de la réunion que j’ai présidée, le 3 juin dernier à Paris.
3/ Ma troisième priorité est la crise des réfugiés.
4/ J’en viens à la quatrième priorité : consolider la paix partout dans le monde, que ce soit en Libye, au Mali ou encore en République centrafricaine.
5/ Au-delà de ces quatre priorités :
6/ Et je profiterai bien sûr de ma présence à New York pour nourrir notre relation bilatérale avec les Etats-Unis

- en ligne sur le site de France Diplomatie Conférence de presse (transcript) (19 septembre 2016)

« Déclaration de New York pour les réfugiés et les migrants »


La « Déclaration de New York pour les réfugiés et les migrants » a été adoptée le 19 septembre 2016 par l’Assemblée générale, sans vote, lors de la réunion plénière.

« Nous sommes déterminés à sauver des vies humaines. Notre tâche est avant tout morale et humanitaire », déclarent d’emblée les États Membres dans ce document, qualifié de « percée » dans les efforts collectifs par le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon. « Mais nous sommes aussi déterminés à trouver des solutions durables et à long terme », affirment les États. Les États reconnaissent la responsabilité partagée qui leur incombe de gérer les déplacements sans précédent de réfugiés et de migrants « avec humanité, sensibilité et compassion », et en veillant à répondre aux besoins de chacun. « Notre arme sera la coopération internationale. »

Déclaration de Jean-Marc Ayrault ministre des Affaires étrangères et du Développement international :

JPEGM. Jean-Marc Ayrault ministre des Affaires étrangères de la France, a déclaré que les migrations contribuaient à la diversité de l’humanité et à son enrichissement. Face à la montée des peurs, il faut rappeler que les réfugiés sont des femmes et des hommes comme nous qui ont, avant tout, besoin de protection. La crise actuelle de réfugiés et de personnes déplacées est la plus importante que le monde ait connu depuis la fin de la seconde guerre mondiale, a rappelé le Ministre français des affaires étrangères, qui a rappelé que les 65 millions de réfugiés et de déplacés actuels représentaient l’équivalent de la population de la France.

C’est en Syrie que la situation est la plus grave, a ajouté le Ministre, pour qui la réponse collective n’a pas pour l’instant été à la hauteur. Il est pourtant possible de donner à ces réfugiés syriens les moyens de reconstruire leur pays, après les avoir accueillis dans la dignité et le respect du droit international, et après avoir aidé les pays qui les accueillent, comme la Jordanie, le Liban ou la Turquie, ou encore les pays du Lac Tchad pour les réfugiés fuyant les exactions de Boko Haram. Quant aux migrants, il ne s’agit pas d’empêcher des personnes qui veulent quitter leur pays de le faire, il s’agit de leur donner les moyens de rester.

La France participe à l’effort mondial en faveur des réfugiés syriens, au sein de l’Union européenne, mais aussi à titre individuel. Concernant l’Afrique, la France entend investir 20 milliards d’euros sur cinq ans pour les pays africains les plus pauvres dans le cadre d’un programme de lutte contre les migrations irrégulières. Grâce à cet accompagnement, l’Afrique pourra plus facilement absorber sa croissance démographique. La France accueille en outre des réfugiés, notamment de Syrie, dans le cadre d’engagements volontaristes qui doivent encore être portés à la vitesse supérieure. Chaque pays doit prendre sa juste part pour soulager les pays voisins, préserver le droit d’asile et prendre en compte les causes profondes des migrations, dans le respect des valeurs de diversité et d’ouverture qui sont au centre de la Charte des Nations Unies.

Déclaration d’Alexis Tsipras, Premier ministre de la République hellénique :

JPEGM. Alexis Tsipras , Premier Ministre de la Grèce, a rappelé que les pays ne pouvaient faire face seuls aux déplacements massifs. Soit la communauté internationale trouvera une solution fondée sur le droit, soit elle échouera, a-t-il averti, en évoquant le risque de trahison par l’Europe de ses valeurs. L’Europe se pose la question de savoir s’il lui est encore possible de préserver sa cohésion sociale et sa sécurité sans violer la Convention de Genève de 1951, a fait observer M. Tsipras, qui a affirmé que, pour la Grèce, la réponse était « oui ». Le Premier Ministre a ensuite rappelé que les services d’asile de son pays, qui n’existaient pas il y a encore trois ans, dont désormais les quatrièmes par le nombre des dossiers traités dans l’Union européenne.

Le Premier Ministre a cité l’accord mis en place comme un moyen de lutter contre l’immigration illégale, tout en ajoutant que le système mis en place ne tiendra que si les promesses faites à son pays sont tenues et si la responsabilité est réellement partagée. La Grèce a également besoin de renforcer la coopération avec des pays d’Asie et d’Afrique pour que ne soient pas inclues dans des programmes d’accueil des personnes qui n’en ont pas besoin. M. Tsipras a mis en garde contre l’échec de telles politiques et le risque d’ouvrir la voie à des mouvements nationalistes xénophobes qui « montreront leur vrai visage ». Si la communauté internationale ne fait pas l’effort nécessaire, il y aura des répercussions à la fois sociales et politiques partout et pas seulement en Grèce, a-t-il encore averti.

- Déclaration de New-York (19 septembre 2016) :

Suivre en ligne sur le site https://refugeesmigrants.un.org/fr/summit-refugees-and-migrants

dernière modification le 14/10/2016

haut de la page