Portrait du mois : Isabelle Vialle, artiste

Quel a été votre parcours professionnel ?

J’ai choisi dès le début de suivre une voie artistique avec une licence d’Arts. J’ai travaillé dans le graphisme quelques années, bien que la question de la peinture fût omniprésente. Puis plusieurs éléments m’ont motivée dans une même direction, des chantiers de fouilles, des peintures comme le retable de Grünewald, les autoportraits de Rembrandt que j’ai découverts à Amsterdam, ou des contemporains comme Arickx ou Sagazan, les photographies de Dieter Appelt entre autres, l’impact de lectures comme celles de Marcel Moreau, les chorégraphies d’Ilka Schönbein ou Diasnas… Des éléments conjugués qui poussent dans une même direction, et donne l’envie à son tour…

L’obtention d’une résidence de 3 ans au centre d’Art Contemporain à Troyes a été l’élément déclencheur qui m’a permis de me consacrer exclusivement à la peinture, tout en faisant régulièrement des interventions à l’Ecole des Beaux-Arts. Ensuite c’est dans les ateliers d’artistes "chez Rita" à Roubaix que les années ont été très riches de rencontres et de projets artistiques. J’expose régulièrement en France et à l’étranger depuis 2003 (http://vialle.isabelle.free.fr/) et je vis actuellement à Thessalonique. Mon travail est représenté principalement par la Galerie "Art aujourd’hui" à Paris, la Galerie du Rat Mort à Ostende en Belgique et l’Ensemblier au Mans en France.

Comment caractérisez-vous vos œuvres ?

Je considère la peinture comme une aventure qui consiste à manipuler, fouiller, de la même façon que le décrit Georges Bataille lorsqu’il fait référence au jeu pour l’acte d’écrire, un jeu non pas léger mais une aire où tout est possible, la tentative de se laisser surprendre, une découverte qui en amène une autre, des réponses provisoires qui posent davantage de questions qu’elles n’apportent de certitudes.

Ça a commencé il y a une quinzaine d’années, par une forme humaine dressée comme un totem, inspirée des vénus gravettiennes. Peu à peu se sont formés des couples, se portant, s’enlaçant ou se dévorant. Puis des groupes d’humains issus de mes propres contes, des sensations inspirées du théâtre de l’enfance. Mi-humain, mi-animal, toujours organique.

Arrivée en Grèce, je me suis nourrie des forêts d’oliviers, pendant des mois j’ai dialogué avec ces troncs tortueux, fascinée par leurs scarifications millénaires. Sur la toile, j’ai exploré ce corps végétal, massif et aérien. Ils sont devenu un corps paysage entre douceur et violence, force et désir, l’anatomie de mes émotions. Et dernièrement avec la rencontre de la poésie d’Yves Bonnefoy en parallèle avec l’exploration des racines, une série est née, les "Douves". La femme invoquée par le poète est une créature multiforme, entre présence et effacement. « Sa robe a la couleur de l’absence des morts » dit-il.

De cet être mystérieux j’ai fait ces parures nuptiales, en métamorphoses permanentes, rejoignant naturellement la structure expressive des oliviers tortueux et millénaires explorée auparavant. Ce sont ces 2 éléments qui m’ont amené à creuser ce registre, l’arbre est devenu femme, puis robe de toile en toile, comme des rhizomes développant leurs propres ramifications.

Vos projets d’avenir ?

Une belle exposition vient juste de se terminer à Paris, à la galerie "Art aujourd’hui" et six projets sont à venir, quatre en juin, une exposition autour des œuvres de Mario Prassinos, un peintre grec (1916–1985), à Paris à la galerie "Art aujourd’hui", une exposition collective à la Nero gallery à Rome, la parution d’un livre d’art aux Editions Jacques Flament et une exposition organisée par la revue Miroir de l’art et la galerie Egrégore à Marmande (Lot-et-Garonne). Et en septembre, une exposition à Paris dans le cadre de ArtCité, l’autre à Lille à la galerie Melting Art avec le peintre FO Brunet et la sculptrice Nathalie Gauglin.

Facebook : https://www.facebook.com/pages/Isabelle-Vialle/494557437256521?fref=ts

dernière modification le 07/04/2015

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