On en a parlé dans la presse : "Grèce-France alliance" - TO VIMA [el]

« Grèce-France, une alliance »

Tribune signée par Olivier Descotes, conseiller de coopération et d’action culturelle, directeur de l’Institut Français de Grèce, sur le soutien traditionnel offert par la France aux artistes et créateurs grecs ainsi que sur les échanges culturels entre les deux pays, notamment dans le champ du théâtre (To Vima du dimanche - 3 février 2013).

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Traduction de l’article en français :

Grèce – France alliance

Par Olivier Descotes

Le conseiller de coopération et d’action culturelle de l’Ambassade de France en Grèce et directeur de l’Institut français de Grèce écrit à propos du soutien traditionnel des institutions françaises aux artistes et créateurs grecs et des échanges culturels entre les deux pays aujourd’hui.

C’est au moment où la crise grecque a explosé que l’on m’a demandé d’assurer, à partir de septembre 2011, la direction d’un institut marqué par une longue tradition de proximité avec les créateurs grecs, notamment lors des épisodes marquants de la guerre civile et de la dictature des colonels. C’est aussi à ce moment que se sont taries les subventions culturelles publiques, qui sont les seules gages d’une action de qualité, car déliée des diktats du marché. Lorsque tout projet culturel de long terme devient incertain, il apparaît plus que jamais nécessaire pour des institutions comme l’Institut français de se projeter, avec leurs partenaires, sur la durée. Aussi, au vu de la relation si spécifique entre la France et la Grèce, nourrie d’un amour réciproque inconditionnel, qu’aucun conflit majeur n’a jamais entamé au cours des deux derniers siècles, il m’a semblé naturel de repenser nos actions de coopération, pour les mettre véritablement au service des artistes, des intellectuels, des institutions culturelles grecs.

Si les créateurs et les milieux culturels souffrent et si beaucoup, comme d’autres catégories socioprofessionnelles, quittent la Grèce, la grande majorité reste, et notamment ceux dont l’art a partie liée avec ce que la Grèce continue de produire de mieux : le logos et la scène. Et il faut bien reconnaître que ces intellectuels, écrivains, poètes, dramaturges, acteurs, metteurs en scène grecs ne connaissent pas de crise dans leur création même. De Yannis Mavritsakis à Lena Kitsopoulou, de Simos Kakalas à Vassilis Mavrogeorgiu, de Philippos Tsitos à Athina Rachel Tsangari, toute une génération vient prendre avec brio la relève des figures éminentes qui font l’honneur de la Grèce, y compris à l’étranger : Michaïl Marmarinos, à qui revient l’honneur et le défi de mettre en scène en mars Phèdre de Racine, la pièce française par excellence dans le Saint des saints du théâtre français, la Comédie française, Theodoros Terzopoulos, Leftheris Voyatzis, Yannis Houvardas, Andréas Staïkos, Vassilis Papavassiliou, Vangelis Theodoropoulos, Dimitris Papaïoannou, et tant d’autres.

Les Grecs eux-mêmes ne savent peut-être pas combien cette scène fait l’objet d’une attention nouvelle et curieuse des institutions françaises, qui la considèrent comme un laboratoire de premier intérêt : des compagnies au talent impressionnant comme Kanigunda - qui affrontera bientôt à Stegi un chef d’œuvre de Joël Pommerat, Vasistas - qui a partie liée avec Marseille, ou Blitz - qui revient d’une tournée triomphale en France, sont invitées à se produire dans mon pays, d’autres aussi brillantes - comme Horos, Projektor, Bijoux de Kant ou Opera - sont observées de près par les programmateurs européens. Elles participent d’une scène qui est l’une des plus originales et créatives d’Europe et qu’à l’Institut français, nous cherchons à valoriser, en facilitant tous les échanges possibles avec notre pays.

D’une simple action de diffusion de notre culture, nous sommes passés à une programmation pluriannuelle qui travaille en profondeur au cœur même des projets culturels, avec des actions concrètes et enracinées dans la réalité culturelle du pays, en multipliant notamment les actions de formation, en créant des passerelles, des co-productions avec des institutions françaises autour de choix artistiques partagés.

Dans notre monde globalisé, le Mataroa d’aujourd’hui, c’est lorsque la Comédie-Française invite Marmarinos à assurer une création, lorsque le Centre national du cinéma français et ARTE co-produisent Xenia, le nouveau film de Panos Koutras, lorsqu’Olivier Py, futur directeur du festival d’Avignon, prend cinq de semaines de travail en Grèce pour monter Vitrioli de Yannis Mavritsakis dans la petite scène du Théâtre national. C’est là la marque de la confiance toujours renouvelée, toujours passionnée de la France dans le peuple grec et dans ses créateurs.

dernière modification le 28/12/2015

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