Commémoration de l’armistice du 11 novembre 1918 [el]

Christophe Chantepy, ambassadeur de France en Grèce, a présidé mercredi 11 novembre 2015, la cérémonie de l’anniversaire de l’Armistice de 1918 et d’hommage à tous les morts pour la France au carré français du cimetière de Kalamaki-Alimos. Il a déposé une gerbe de fleurs devant la stèle commémorative, accompagné des conseillers de l’Assemblée des Français de l’étranger et du Colonel Richard Coleman, attaché de défense de l’Ambassade.

Des personnalités étrangères ont également honoré de leur présence la cérémonie : les autorités militaires et civiles helléniques, les ambassadeurs en Grèce du Royaume-Uni, d’Allemagne, d’Australie et du Canada, ainsi que la consule de Belgique et enfin l’Attaché de défense américain représentant son ambassadeur.

Le Général de corps d’armée Vassilis Tellidis, chef d’état-major de l’armée de terre grecque a déposé une gerbe au nom de son ministre.

A la fin de la cérémonie, des élèves des classes de CM2 et de 3ème du Lycée Franco-Hellénique Eugène Delacroix, ont lu des témoignages de combattants.

L’ensemble des participants s’est ensuite réuni à l’ambassade pour un verre de l’amitié, qui a été l’occasion pour les élèves du lycée de faire une visite de la résidence.

Retrouvez le discours prononcé par l’ambassadeur :

"11 novembre 2015

Messieurs les ambassadeurs,
Madame le consule,
Monsieur l’attaché de défense,
Monsieur le directeur général,
Messieurs les officiers généraux,
Chers amis,

Nous sommes rassemblés ici à Athènes au « carré Français »pour commémorer la fin de la première guerre mondiale – c’est aujourd’hui le 97e anniversaire de l’armistice- mais aussi pour honorer tous nos morts qui sont tombés pour défendre la patrie et la liberté. En effet, par la loi du 28 février 2012, le Parlement a décidé que « le 11 novembre, jour anniversaire de l’armistice de 1918 et de commémoration annuelle de la victoire et de la Paix, il est rendu hommage à tous les morts pour la France », même si « cet hommage ne se substitue pas aux autres journées de commémoration nationales ». La cérémonie de ce jour est ainsi également l’occasion de rendre hommage aux soldats français morts en Grèce depuis l’indépendance.
Cette commémoration est un moment solennel de reconnaissance envers nos Anciens qui n’ont pas ménagé leur courage, jusqu’au sacrifice suprême, et qui ont enduré des souffrances dont les témoignages qui seront lus dans quelques instants par les élèves du lycée franco-hellénique donnent une idée, même si nous sommes incapables d’en sentir l’étendue.
Cette commémoration est aussi un moment où nous devons mesurer la chance que nous avons de vivre sur une terre que la guerre a épargnée depuis des décennies. Cela peut nous sembler une évidence. C’est en réalité l’intelligence, la clairvoyance et l’esprit de réconciliation de quelques grands esprits et quelques grands politiques qui a permis, au lendemain du second conflit mondial, que les peuples d’Europe vivent et construisent ensemble leur destin commun au lieu de s’affronter et de se détruire mutuellement comme ils avaient coutume de le faire jusqu’alors. Les jeunes hommes dont vous entendrez tout à l’heure les témoignages auraient rêvé de pouvoir vivre, comme nous, dans un continent réconcilié et fraternel. C’est cela le deuxième message de ce 11 novembre : la paix et l’amour entre les peuples est possible.
Mais cette commémoration du 11 novembre doit aussi nous rappeler deux choses : la fraternité n’est pas acquise une bonne fois pour toutes, elle se défend à tous les instants ; la guerre est hélas parfois inévitable pour défendre la liberté.
La fraternité entre les peuples d’Europe, et au-delà, est un combat permanent. Les forces qui souhaiteraient opposer à nouveau les uns aux autres, qui souhaiteraient fermer les frontières, les forces qui prônent le repli identitaire et nationaliste, ces forces-là existent en Europe. Et ailleurs dans le monde. Et ces forces, les démocrates et les amants de la liberté et de la fraternité doivent les faire reculer.
Quant à l’utilisation de la force armée, elle est parfois nécessaire. Même si elle n’est jamais facile, jamais légère. La France est engagée dans des conflits de par le monde. Depuis le début de cette année deux militaires y ont perdu la vie. Cet engagement, il est dicté par la nécessité, si l’on veut défendre de manière conséquente la liberté et les droits de l’homme, de franchir ce pas qui sépare le discours de l’action. La guerre est toujours une souffrance. Tout doit être fait pour l’éviter. Mais parfois il faut prendre les armes. Notre hymne national le rappelle.
Pendant quatre ans, les armées d’Europe, du monde, se sont affrontées, et de ce grand affrontement les pays sont sortis exsangues et épuisés. Chaque famille a payé son prix et nos monuments aux morts en France et à travers le monde nous le rappellent, comme nous le rappellent ces stèles.
Nous sommes réunis, comme nous l’étions dimanche dernier autour de nos amis britanniques, pour nous souvenir, mais aussi pour méditer sur la fragilité de la paix et de la liberté, et sur l’impérieux devoir de la vigilance et de l’engagement pour les défendre."

dernière modification le 19/01/2016

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