Ce n’est pas un conte de noël, mais une histoire vraie : l’installation à Thessalonique de deux jeunes joaillers français Laetitia Charriaud et Michael Pelamidis. Ils ont ouvert le 15 décembre un appartement boutique « Aparté »tout de blancheur du second étage d’un bâtiment proche du Consulat général, en plein centre du Thessalonique des belles boutiques (32 rue Pavlou mela). De magnifiques colliers de pierres brutes et travaillées jettent leurs couleurs dans la grisaille de l’hiver. Des formes inhabituelles, qui laissent pressentir un parcours peu commun…
Comment avez-vous choisi votre voie ?
M.P. Nous nous sommes connus à Paris dans les années 90 pendant nos études à l’école de la chambre syndicale de la haute Joaillerie. Une rude sélection de 28 étudiants sélectionnés, nous nous sommes retrouvés à 5 en fin de parcours après 6 ans d’études… Je suis allé jusqu’au bout, attiré par la diversité et la haute qualité de cette formation. Mon frère a suivi la même voie et il est sertisseur chez Boucheron…
L.C. Quant à moi, je suis partie, avant le terme de cette formation, plus attirée par la création et la fantaisie, et j’ai travaillé pour de grands couturiers français : Chanel, Dior, Saint-Laurent… C’est à Michael de trouver les solutions techniques de mon imagination, mais nos dessins sont communs et nous menons ensemble nos créations.
Pourquoi Thessalonique ?
M.P. Mes parents sont originaires de Thessalonique, où ils passent la moitié de l’année. Leur famille est venue d’Asie mineure, de Constantinople, comme beaucoup de Thessaloniciens. J’ai aussi remporté en 1996 un prix de dessin pour une de mes créations dans le cadre d’une exposition de joaillerie à Hellexpo. Nous avons commencé à travailler comme indépendants à Paris, mais nous nous sommes aperçus que nôtre clientèle était ici, en Grèce. Nos clientes de Grèce, du Liban et du Moyen-Orient allaient acheter à Milan et à Paris : pourquoi ne pas se rapprocher d’eux…
Comment caractérisez-vous vos œuvres ? Quelle est la réponse du public grec ?
L.P. Nos créations sont faites de lumière, de formes un peu exceptionnelles, et ne récusent pas la fantaisie et le volume, mais en travaillant des pierres semi-précieuses que nous allons chercher nous-mêmes sur les marchés internationaux, nous restons dans une gamme de prix abordables. Les plus grosses pièces seules atteignent les 600 euros. Nos clientes grecques, à la différence des Françaises, ne reculent pas devant l’effet, et c’est très stimulant, car la joaillerie grecque reste souvent, surtout à Thessalonique, très conventionnelle. Nous avons été très heureusement surpris par le succès d’un défilé de bienfaisance organisé au club « Shark » pour « Agrotiki Paidiki Folia », où nos bijoux ont été très appréciés.
Vos projets d’avenir ?
M.P. Nous souhaitons développer la vente dans le cadre intime de cet appartement, mais des ouvertures existent pour un développement de nos activités dans les Iles. Pour l’heure, la réponse du milieu de Thessalonique a été très favorable… Ce retour en Grèce est un succès, malgré la crise, preuve qu’il existe des niches, même dans le domaine du luxe… abordable. Et la ville semble vouloir s’ouvrir plus, sur le tourisme de qualité et le marché méditerranéen : des opportunités futures pour nous.
L.P. Pour moi le défi, c’est l’apprentissage de la langue grecque, depuis deux ans, mais j’y mets beaucoup d’ardeur et de motivation, pour aller à la rencontre de la Grèce et des Grecs…
