Ioannis Milidakis, directeur général de Waste and Water

Ioannis Milidakis, directeur général de Waste and Water - JPEG Ioannis Milidakis est ingénieur des Mines et de Métallurgie, diplômé de l’Ecole Polytechnique d’Athènes (NTUA – Promotion 1987). Il a passé plus de dix ans au sein de la LYONNAISE DES EAUX (Groupe SUEZ) occupant plusieurs postes de direction en France dans le domaine de l’Assainissement des eaux. En 2003, il prend la direction du Pole environnement du Groupe JP-AVAX SA à Athènes et à partir de 2006, il assure la direction générale de WASTE & WATER Sarl, entreprise en forte croissance dans les secteurs environnement et mines. Il est considéré comme expert pour les contrats de concession et d’affermage des infrastructures et les Partenariats Public-Privé.

Ioannis Milidakis, vous êtes à cheval entre la France et la Grèce. . Vous êtes Grec mais vous avez des attaches en France. Quel est votre parcours ?

Jeune diplômé de l’Ecole d’Ingénieurs d’Athènes, j’ai eu l’opportunité de m’expatrier en France dans les années 90 où j’ai passé plus de dix ans dans le Groupe Suez-Lyonnaise des Eaux. Une belle expérience au niveau professionnel et surtout social qui m’a donné une solide préparation pour la suite. Après la création de Waste et Water à Nancy, je reprends le chemin de la Grèce, en vue de valoriser un savoir-faire et une manière de travailler « à la française ». Dix ans après je dois reconnaître que le chemin de retour fut plus difficile que celui du départ.

Votre compagnie « Waste and Water » est une entreprise relativement récente sur le marché. Quels sont vos secteurs d’intérêts ?

Notre société fut créée en France en 2005. Son secteur d’activité principal est l’eau et son assainissement [www.wastenwater.com] mais la société gère également l’exploitation de mines souterraines. Des métiers qui traditionnellement appartiennent aux grands groupes internationaux, car ils nécessitent des capitaux et des investissements à long terme.

Initialement notre offre était destinée soit aux industriels qui souhaitaient des solutions dans des domaines qui n’étaient pas leur cœur de métier (ex. gestion des stations d’épuration des usines), soit aux géants du secteur qui avaient besoin de sous-traitants plus petits et flexibles.

Petit à petit une clientèle de prestige s’est constituée et nous nous sommes construits une renommée. Dix ans après, notre société a la chance d’être une des rares entreprises en Grèce qui embauche durant la crise.

Notre société étant très soucieuse de son profil environnemental, elle s’astreint à suivre les bonnes pratiques au quotidien sur la limitation des émissions CO2 (recyclage du papier, sensibilisation des collaborateurs sur site, etc.). Nous projetons également l’utilisation de voitures électriques ou hybrides pour tous nos trajets urbains, et ceci dès l’année prochaine.

Par ailleurs nous avons volontairement choisi de limiter nos activités aux mines souterraines dont les nuisances sont moindres par rapport aux exploitations de surface, bien que le coût d’exploitation soit beaucoup plus élevé.

De plus, nous sommes en train de travailler sur des innovations relatives au traitement d’effluents miniers afin que l’impact des résidus du procès pour l’environnement soit minime.

Comment s’organise la gestion des eaux en Grèce ?

En Grèce, la gestion des infrastructures de l’eau et de l’assainissement des eaux est publique. Toute tentative de privatisation s’est heurtée à un certain nombre de résistances, notamment d’ordre institutionnel. Deux compagnies majeures, à Athènes et Thessalonique, connaissent une situation plutôt satisfaisante, mais une centaine d’autres sociétés municipales ont en revanche des problèmes financiers.

De façon générale, l’eau en Grèce est de bonne qualité et ne nécessite pas de traitements excessifs. Son coût est bas, le prix au mètre cube n’excédant pas un euro. Toutefois, d’autres problèmes subsistent comme l’insuffisance des réseaux et stations d’épuration localement et l’approvisionnement des îles en eau, surtout pendant la période estivale.

En conséquence, il y a du progrès à faire sur la gestion d’infrastructures (réseaux, usines de traitement et Stations d’Epuration) surtout en périphérie. Dans ce contexte, un partenariat Public-Privé pourrait être envisagé sous la forme d’une sous-traitance.

C’est ce type de service que nous offrons.

Quels sont vos projets ?

Notre plan à moyen terme vise le renforcement des nos métiers de base (mines et environnement) ainsi que le développement d’autres activités à caractère innovant.
Traditionnellement notre activité était du type « B to B » (business to business = de l’entreprise vers l’entreprise). Or notre souhait serait de développer le secteur des marchés publics et l’établissement de permis de recherche minières en vue de prospecter en propre à l’horizon 2020.

Par ailleurs, notre savoir-faire pourrait être précieux au développement d’activités connexes comme la télégestion des infrastructures et les Systèmes d’Information Géographique (SIG) qui peuvent générer des économies d’échelle pour nos clients.
Une implication dans le secteur de la recherche et technologie est également envisageable en partenariat avec d’autres PME et institutions dans le domaine de l’environnement et de la valorisation des sous-produits et rejets industriels.
En termes de localisation, nous pourrions dépasser les frontières de la Grèce et nous orienter vers les pays limitrophes en forte croissance.

En conclusion, nous comptons être fidèles à notre devise « Investir pour Innover  » tout en restant discrets et professionnels sans perdre notre caractère de PME.

Vous allez participer prochainement à Paris aux « Journées Grèce » organisée par le Bureau Ubifrance. Que diriez-vous aux entreprises françaises qui envisagent venir s’installer en Grèce ?

La Grèce est en train de sortir d’une période difficile liée aux mesures d’austérité qui ont beaucoup transformé le tissu économique et social du pays.
Cette crise économique a toutefois permis de créer de nouvelles activités dans des secteurs porteurs dans l’avenir.

Outre les secteurs « traditionnels » comme le tourisme et le commerce maritime, la Grèce peut être une « terre propice » pour le secteur minier, les nouvelles technologies ou l’agriculture spécialisée.

Le coût du travail est aujourd’hui très favorable aux investissements.

De plus, des subventions sont accordées aux entreprises qui souhaitent démarrer une activité. En bref, la Grèce se présente aujourd’hui comme un pays accueillant pour les investisseurs qui choisiraient de s’y établir.

dernière modification le 17/04/2015

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